Le Konpa, rythme emblématique d’Haïti, a officiellement rejoint, mardi 9 décembre, la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’unesco. Une reconnaissance internationale qui suscite une immense fierté dans le pays, notamment au sein du gouvernement.
Dans un communiqué, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a salué « une consécration historique » pour la nation. Selon lui, l’inscription du Konpa « honore la mémoire, la lutte et la passion de tout un peuple » et consacre un héritage musical qui traverse les générations.
Un nouveau symbole culturel pour le pays
Après la soupe joumou, reconnue par l’Unesco en 2021, c’est un autre pilier de l’identité haïtienne qui reçoit les honneurs de l’organisation internationale. Né dans les quartiers populaires dans les années 1950, le Konpa s’est imposé comme un style musical majeur, nourri d’influences caribéennes, africaines, européennes et latino-américaines.
Depuis 2019, il figurait déjà au Registre national du patrimoine culturel immatériel d’Haïti. Son inscription au niveau international vient confirmer son rôle de « symbole puissant de l’esprit haïtien », comme l’indique la Primature.
Hommage au père du Konpa
Cette reconnaissance ravive également la mémoire de Nemours Jean-Baptiste, considéré comme le père du Konpa Direct. Le musicien, disparu en 1985, est présenté comme l’un des grands artisans de ce genre musical qui a façonné la vie culturelle du pays et s’est exporté bien au-delà de ses frontières.
La Primature évoque un « hommage national » rendu à cet artiste dont l’œuvre « a bâti des ponts entre les générations » et marqué l’histoire musicale haïtienne.
Une pratique vivante portée par des milliers d’artistes
Musiciens, chanteurs, danseurs, groupes phares, DJ, ingénieurs du son, membres de la diaspora… Le gouvernement a tenu à saluer l’ensemble de celles et ceux qui, en Haïti comme à l’étranger, contribuent à faire vivre ce patrimoine. Le Konpa reste aujourd’hui un élément central des fêtes, des rassemblements et des scènes musicales haïtiennes.
« Grâce à eux, le Konpa ne s’éteint jamais », souligne le communiqué, évoquant un rythme « vivant », « dynamique » et en constante évolution.
Enjeu culturel et touristique
Au-delà de la dimension symbolique, cette inscription représente pour Haïti un levier potentiel de rayonnement. Le gouvernement y voit un outil pour renforcer le développement culturel et touristique du pays, dans un contexte national particulièrement difficile.
La reconnaissance de l’Unesco ouvre « une nouvelle ère », estime la Primature : celle d’une plus grande visibilité internationale de l’art haïtien et de son patrimoine immatériel.
