Vendredi 12 décembre 2025, le Collectif des citoyens conscients et engagés (KSIKA), aux côtés de Justice pour le Grand Sud, a organisé un sit-in pacifique sur l’avenue Barranquilla, à Jacmel. Objectif : attirer l’attention des autorités sur les difficultés persistantes auxquelles fait face le département du Sud-Est, plus largement le Grand Sud, et dénoncer ce que les organisateurs qualifient de négligence de l’État.
Réunis dans le calme, plusieurs citoyens sont venus exprimer leur soutien aux revendications du mouvement. Parmi les principaux griefs figure la question de l’électricité. Le porte-parole du KSIKA, Carsendre Salomon, pointe la responsabilité de l’État et de l’Électricité d’Haïti (EDH), accusés de marginaliser la région.
« L’EDH a pour mission d’assurer l’accès à l’électricité. Pourtant, lorsque le président colombien s’est rendu à Jacmel, les moyens ont été mobilisés pour garantir le courant durant sa visite. En temps normal, les habitants, pourtant contribuables, restent ignorés », a-t-il déclaré, soulignant l’impact de cette situation sur le fonctionnement de la commune.
Autre sujet de préoccupation : la fermeture de la route reliant le Grand Sud au reste du pays. Selon le mouvement, cette situation pénalise lourdement l’économie régionale. Carsendre Salomon a appelé les commerçants à se mobiliser pour soutenir le déblocage de cet axe stratégique.

Le KSIKA affirme que ce blocage résulte d’enjeux économiques et politiques, mettant en cause des intérêts privés qui, avec la complicité de l’État et de groupes armés, entraveraient la libre circulation des marchandises. Le collectif dénonce également le prix élevé des billets d’avion, rendant les déplacements difficiles pour une grande partie de la population.
Au-delà de ces revendications, le mouvement met en lumière des problèmes structurels anciens : accès à l’eau potable, infrastructures routières, sécurité. Il critique aussi l’organisation de festivités coûteuses à Jacmel, notamment durant le carnaval ou les périodes de fêtes, alors que les services de base demeurent insuffisants.
Le collectif réclame la création d’un organe de contrôle indépendant chargé de surveiller l’action publique, ainsi que la réalisation d’audits au sein des institutions de l’État.
En fin de mobilisation, les participants ont appelé au départ du Conseil présidentiel de transition et du gouvernement en place, plaidant pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel. Le rassemblement s’est déroulé sans incident. Les organisateurs assurent que d’autres actions pourraient suivre si les autorités ne répondent pas à leurs revendications.
