À l’occasion de la Journée internationale des personnes handicapées, célébrée ce 3 décembre, le Réseau associatif national pour l’intégration des personnes handicapées (RANIPH) tire la sonnette d’alarme. L’organisation juge la situation actuelle du pays « invivable » et appelle à une mobilisation nationale pour défendre les droits d’une population particulièrement vulnérable.
Dans un communiqué publié ce mercredi, le réseau décrit un pays rongé par l’insécurité, la criminalité et une pauvreté qui s’approfondit. Une réalité qui, selon le RANIPH, frappe encore davantage les personnes vivant avec un handicap, déjà confrontées à la discrimination, aux préjugés et au manque d’accessibilité dans les espaces publics et privés.
Des promesses non tenues depuis 2007
Le RANIPH rappelle que la création, en 2007, du Bureau du secrétaire d’État pour l’intégration des personnes handicapées (BSEIPH) avait suscité de grands espoirs. À l’époque, plusieurs organisations internationales et acteurs locaux s’étaient engagés en faveur d’une meilleure inclusion.
Dix-neuf ans plus tard, le constat est amer. La plupart des revendications jugées essentielles — accès à l’éducation, infrastructures adaptées, protection sociale, sécurité, participation citoyenne — restent sans réponse. « Les autorités se contentent trop souvent d’actions symboliques », reproche le réseau, alors que les personnes handicapées figurent parmi les premières victimes des violences et de l’effondrement des services publics.
Un appel à un sursaut collectif
Face à ce qu’il considère comme une urgence nationale, le RANIPH appelle à une véritable prise de conscience et à un engagement transversal de toutes les composantes de la société. L’organisation plaide pour des politiques publiques davantage axées sur l’accessibilité, la dignité et l’égalité des chances.
Elle invite également les autorités à renforcer la sécurité, condition indispensable, selon elle, pour que les personnes handicapées puissent circuler, travailler et participer pleinement à la vie du pays.
« Anyen pou nou san nou, tout pou nou men avèk nou ! », rappelle le réseau, une manière de réaffirmer que les personnes concernées doivent être placées au cœur des décisions qui les touchent.
Un message d’espoir malgré la crise
Malgré la gravité de la situation, le RANIPH dit maintenir son engagement en faveur d’une Haïti plus inclusive et plus juste. « En cette Journée internationale des personnes handicapées, nous réaffirmons notre détermination à défendre les droits et la dignité de toutes les personnes vivant avec un handicap », conclut le communiqué portant la signature de Rose May Legouté César, secrétaire nationale d’encadrement.
