Il n’est pas rare de voir les personnes âgées se pencher légèrement en avant lorsqu’elles marchent ou restent debout. Mais lorsque cette courbure devient marquée, elle peut traduire une affection appelée camptocormie.
Le terme vient du grec : kamptos signifie se courber, et kormos, le tronc. Littéralement, il s’agit donc d’un tronc penché vers l’avant, et le dos plié. Cette pathologie touche surtout les personnes de plus de 70 ans, avec une prédominance chez les femmes, et peut aller d’une légère inclinaison à un dos totalement courbé vers l’avant.
Contrairement à d’autres problèmes du dos, la camptocormie disparaît ou diminue lorsqu’on est allongé, mais revient dès qu’on se met debout. Ce n’est pas la colonne vertébrale elle-même qui est affectée, mais les muscles qui la maintiennent droite. Avec l’âge, ces muscles perdent de leur force et leur capacité à redresser le dos s’amenuise.
Lorsque la camptocormie est uniquement liée au vieillissement et à l’affaiblissement musculaire, on parle de camptocormie idiopathique. Mais elle peut aussi être secondaire à une pathologie : fracture vertébrale due à l’ostéoporose, arthrose, maladie dégénérative ou encore maladie de Parkinson. Les conséquences sur la vie quotidienne sont importantes : difficulté à respirer, fatigue, risque de chute, isolement et impact psychologique non négligeable.
Même si la camptocormie est difficile à guérir complètement, plusieurs mesures peuvent soulager la personne concernée. Maintenir une activité physique régulière est essentiel : pilates, yoga, natation, ou tout exercice qui renforce le tronc et les muscles du dos. Il est également important de se tenir debout autant que possible et de chercher à se redresser au quotidien. La rééducation avec un kinésithérapeute est très utile pour améliorer la posture. Pour soutenir le dos, il existe des orthèses ou ceintures thoraco-lombaires sur prescription, parfois sur mesure. Les aides à la marche comme la canne ou le déambulateur peuvent également prévenir les chutes.
La chirurgie existe mais reste rare, réservée aux cas où la qualité de vie est gravement altérée, car elle est lourde et les patients sont souvent âgés. Le plus important reste de consulter dès les premiers signes, parfois même avant 60 ans, afin de freiner l’évolution et préserver la mobilité et l’autonomie.
